Je l'accepte et mon coeur reste ouvert
- Fleur Zeta

- 29 mars 2025
- 6 min de lecture
Il y’a un an, je vous partageais la situation humanitaire devenue complexe à cause du manque de fonds de plus en plus criard. Elle ne s’est pas améliorée entre temps, bien au contraire, elle a empiré. On en est à restructurer et revoir l’assistance aux personnes dans le besoin qui sont notre cible, les réfugiés et les demandeurs d’asile.
J’aurais bien aimé vous parler de cette situation d’une manière plus profonde pour vous décrire à quoi font face les organisations humanitaires dans le monde en ce moment, mais je suis convaincue qu’avec un peu de recherche vous serez très rapidement édifiés. Alors, non. Ce n’est pas de ça que je voudrais vous parler aujourd’hui.
Je ne vous parlerai pas non plus de ce que j’ai vécue durant cette année entière où j’ai failli à mon habitude de publier les bribes de mes ressentis quotidiens de vie d’humanitaire. J’ai été très malade, et je m’en remets tout doucement mais très sûrement. En parler reste encore douloureux et surtout remplis de beaucoup de sentiments que je n’ai pas encore réussi à traduire par écrit. J’ai surtout des flashs de souvenirs qui me reviennent et me rappellent à quel point j’ai été proche de la fin. Non, je ne parlerais pas de ça non plus car je ne suis pas prête.
A la place de tout ce tourbillon de choses qui se passent autour et en moi, j’ai choisi de partager mes réflexions sur l’Amour, la Vie et la Mort. J’ai conscience que ça peut paraitre un peu sinistre de voir ces trois mots alignés ainsi les uns après les autres. Mais, vous me l’accorderez, ce ne serait ni la première ni la dernière fois et d’ailleurs je ne suis pas la première ni la seule qui s’y met. Je me dis que chacun de nous, à un moment donné, y a réfléchi d’une manière ou d’une autre. Moi je choisis de l’écrire aussi.
Depuis que mon esprit s’est réveillé de l’entre deux mondes où il a été plongé pendant plusieurs jours, beaucoup des questions existentielles n’ont pas arrêtées de tourner en boucle dans ma tête. Avoir eu le sentiment d’être à la fin de sa vie et puis se voir revivre aussi pleinement, pousse forcément quelqu’un comme moi à spéculer sur ce qu’est la vie et la mort.
Et comble de tout, alors que je me réveillais à peine de tout ça, j’ai participé à un mariage qui m’a conduit à introduire dans mes réflexions le sujet de l’Amour.
La Vie, la Mort, l’Amour.
Des sujets qui ont toujours fait couler beaucoup d’encres. La mienne ne serait qu’un bien faible point comparé à tout ce qui se dit sur ces réalités si fortes. Les seules qui définissent toute notre existence : La Vie, la Mort, l’Amour.
Alors, je vous invite à réfléchir un instant avec moi sur ces trois réalités qui, comme un flirt intense mais hésitant, dansent inlassablement dans mon esprit.
Ghandi a dit : « Là où il y’a de l’amour il y’a de la vie »
Nous courrons trop souvent et trop longtemps vers des choses périssables pourtant en l’amour on a tout ce qu’il nous faut.
Il ne s’agit pas que de déclarations enflammées ou de promesses que parfois on peine à respecter mais surtout de sincérité et de patience.
Il y’a différents types d’amour mais le seul véritable est le sacrifice de soi pour l’autre.
Se sacrifier ce n’est pas seulement mourir, sinon on pourrait tous mourir sans rien changer. Se sacrifier c’est surtout se donner complètement et sans réserve pour améliorer la vie de l’autre ; et se sacrifier pour l’autre restera l’ultime preuve d’amour qui existe car il exprime le dépassement de soi pour l’autre.
Ce serait ainsi dans le quotidien qu’on le prouverait par : l’écoute, l’attention, le pardon, le partage, la communication, la loyauté, le compromis.
L’amour est donc tout sauf aveugle. Il voit même très bien puisqu’il lui faut bien tout observer pour tout supporter.
On croit souvent l’avoir trouvé dans des relations passionnelles ou dans de simples connexions physiques, émotionnelles ou intellectuelles pourtant il est bien plus. C’est se leurrer que s’imaginer aimer si on n’est pas capables de digérer un simple écart de conduite de l’autre. Tant qu’il existe l’envie de faire mal à l’autre il n’y a pas d’amour.
Au moment où on commence à voir le beau en plein dans la souffrance alors on comprendra ce qu’est la vie dans l’amour. Il n’y a pas de vie sans amour. Partout où se crée la vie, une part d’amour y a fait son chemin quel que soit la forme perverse qu’il aura prise.
Alors aimer c’est donner Vie.
Dans le passage de la Bible de la lettre de Paul aux Colossiens, au chapitre 3, verset 14, il est dit : « Par-dessus tout ayez l’amour qui est le lien le plus parfait ». Le lien parfait, comment le reconnaitre ou en quoi il se manifeste?
Les amitiés, la famille, le voisinage, les collègues, les brèves rencontres au cours de voyages, peuvent nous donner le sentiment qu’on vit un lien spécial. Ce lien revêt parfois une connexion si forte qu’on s’imagine trop souvent qu’on tient la définition même d’une relation parfaite. Ce n’est que lorsqu’on ouvre les yeux sur quelques défauts de l’autre, qu’on juge peu supportables, qu’on se sent désillusionné. Trop souvent c’est parce qu’on est trop concentré sur ce qu’on ressent plutôt que sur qu’on fait ressentir à l’autre.
Le sentiment de sécurité est l’un des tests les plus forts d’une relation saine.
Le niveau de confiance qu’on ressent et qu’on met en l’autre détermine à quel point on se sent en sécurité avec l’autre sur tous les plans : physique, émotionnel, sentimental, et spirituel. Il faudrait pour cela avoir de l’amour à donner et être prêt à en recevoir.
Les traumatismes de nos vies nous conditionnent souvent inconsciemment à être soit incapables de donner un amour sain, soit d’en recevoir. Alors construire une relation saine passe par la guérison de ses propres blessures passées.
Il est vrai qu’il se dit, et parfois on y croit ferme, que c’est l’autre qui nous guérira de nos blessures et traumatismes passées, mais on n’est pas censé être les médecins des cœurs brisés et blessés bien que parfois on le fasse. A défaut d’être professionnel de la chose, lorsqu’on guérit l’autre on donne une part de soi qui, si elle n’est pas rendue, nous laissera à notre tour brisé. Lorsque vous sentez que quelqu’un soigne votre cœur, prenez soin également de cette personne pour ne pas perpétuer le cycle traumatique. Mais la meilleure des solutions seraient de prendre le temps de guérir avant de s’engager avec l’autre, car chacun a besoin de sécurité.
Aimer l’autre c’est donc aussi assainir son cœur pour lui faire de la place. Purifier son âme pour être prêt à se donner entièrement ; aimer suffisamment l’autre en se préparant à lui donner une relation saine.
Et la mort dans tout cela ? me demanderez-vous. Eh bien la mort c’est la vie, et puisqu’aimer c’est donner vie alors, mourir pourrait aussi être aimer.
Chaque jour qu’on vit on meurt un tout petit peu puisqu’on avance vers sa fin. Elle nous côtoie au quotidien bien plus qu’on y croit. D’autres n’y pensent même jamais jusqu’à ce qu’un être cher s’y prête et s’en aille. Elle n’est pas une ombre sombre qui apparaitrait pour méchamment nous arracher à notre vie. Elle est le voile qui tombe un tout petit peu chaque jour à chaque expiration qu’on souffle dès notre premier cri à notre naissance. Ce voile a la couleur que lui donne notre esprit selon l’état dans lequel on le dispose. Je crois en fait qu’elle ne serait pas notre ennemi mais plutôt un ami incompris.
Un ami qui est là pour nous rappeler que tout a une fin. Aucun être sur cette terre n’est capable de nous assurer sa présence parfaite et profonde lorsqu’on s’en va. La mort, elle, forcément, est là, implacable mais fidèle. Elle serait bien moins effrayante si on la considérait comme une compagne de parcours. La mort serait une autre manière d’aimer puisqu’elle est toujours là, patiente et muette, attendant son heure. Cela pourrait paraitre cynique mais c’est la réalité.
Je suis de ceux qui pensent qu’il vaut mieux en parler que de l’ignorer.
La Vie, la Mort, l’Amour. Trois réalités qui se côtoient d’une façon si profonde et si intime que même inconsciemment on vit notre vie pour elle. Ce n’est que lorsqu’on y fait face qu’on le réalise : mourir est une réalité qu’on ne peut ni nier ni éviter. En avoir peur n’y changerait rien au contraire cela empêcherait plutôt de vivre pleinement l’instant précis où elle se présente.
Alors, vivre c’est aimer en étant conscient que tout a une fin y compris notre vie dans ce monde, mais que toute fin ne signifie pas forcément qu’aucun autre début n’est possible.
Ne vivons pas notre vie dans la peur de mourir en agissant frénétiquement sur tous les fronts pour oublier cette réalité. Sourions à la vie en pensant a cette attente; croquons la à pleine dent et faisons de même pour la mort. Sourions à la vie comme à la mort. Aimons sans limite, sans condition et sans peur car la Mort et la Vie font partie de l’Amour. D’ailleurs, je pense que chacune fait partie de l’autre. N’est-ce pas beau ?
Moi je l'accepte et mon coeur reste ouvert.




Tout y est dit, c'est la stricte réalité, j'aime beaucoup
Merci infiniment pour ce partage si sincère et profond. Tes réflexions sur la vie, l'amour et la mort sont puissantes et résonnent profondément. Elles rappellent à quel point il est essentiel d'aimer pleinement, de donner de soi, et de vivre chaque moment avec conscience. Ta résilience et ta sagesse sont une source d'inspiration pour tous ceux qui ont le privilège de te lire. Continue de partager cette lumière, c'est un vrai cadeau pour nous tous.