MA FOI
- Fleur Zeta

- 5 août 2019
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 19 janv. 2023

C’est un peu bête de geindre sur la charge de travail et le manque de temps pour faire autre chose que son travail, mais de courir participer à un séminaire sur l’humanitaire pendant toute la durée de son congé. Il faut croire que je suis bête ! Parce que c’est exactement ce que je ne peux m’empêcher de faire. On dirait un besoin sans cesse présent d’être dans un contexte humanitaire théoriquement ou opérationnellement. Beaucoup de mes collègues s’empressent souvent pourtant, une fois en congé, de retrouver leurs familles et leurs amis. Mais je vous parie qu’ils cherchent toujours un lien avec l’humanitaire pendant leur congé. Ils vont soit en parler tout le temps ; soit participer à une activité qui s’y rapproche, soit en consultant en « cachette » leurs collègues ou leur boite mail professionnelle, tout ceci en faisant semblant d’être déconnecté (bon mais là je parle toujours de moi !). On se plait trop à réclamer des congés mais une fois qu’on les obtient, on se plaît à chercher à ne pas couper le lien. J’aimerais bien que les psychologues parmi mes lecteurs m’expliquent ce que cela signifie.
Alors, pendant mes récents très courts congés, j’ai visité l’un des anciens camps de concentration Nazi (Cf. http://www.struthof.fr/home/). J’ai essayé de revoir ce qu’était ce camp à l’époque de cette guerre mondiale. J’en ai eu des frissons. Tout un crématorium, une salle de torture, une cuisine qui n’en a pas l’air du tout, tous ces fils barbelés, ces petites tours de contrôle en planches, ces petites cellules comme des trous à rats… Un environnement propice à vous rétrécir l’esprit rien qu’à imaginer ce qu’on pouvait subir en cet endroit à cette époque. Et puis pendant ma visite, mon esprit est allé plus loin : l’horreur de l’esclavage ; de l’Apartheid ; les atrocités subit pendant les luttes des indépendances de certains Etats ; et ces guerres contemporaines qui naissent sans cesse pour tout et pour rien. L’horreur humaine.
Pourtant j’ai la foi. La foi en Dieu. La Foi en Christ. Je crois en Dieu et je crois en l’humanité.
J’ai aussi la Foi en moi, en toi, en nous. Je crois mordicus qu’on devient ce qu’on pense. Je crois aussi qu’il y a de l’espoir pour l’humanité. L’avenir de l’humanité nous fait peur c’est vrai. Quand on regarde ce qui s’est passé pendant les deux guerres mondiales, qu’on revisite les vestiges liés aux conséquences de ces deux guerres, on se rend compte de ce qu’est véritablement un être humain.
Je comprends aussi un peu qu’on soit très porté à perdre sa foi ou à ne pas du tout croire en Dieu quand on a été en contact avec certaines informations sur l’histoire du monde, ou qu’on a été témoins des guerres et d’actes inhumains ; ou encore des non-dits et des tout-dits qui se lisent. On croirait presque que les croyants sont tous naïfs ; stupides voire rêveurs. Il y en a qui ne comprennent justement pas comment l’on peut s’imaginer qu’il y ait une puissance suprême qui veille sur nous malgré toutes ces misères ; qu’il y aura un jugement dernier où tous ceux qui ont fait du mal auront en fin de compte ce qu’ils méritent ; penser qu’il faut tout pardonner parce que la miséricorde est ce qui nous sauve de nos propre péchés… Ils ont vraiment du mal à comprendre ! Certains vous diront que la seule solution pour le monde serait une démocratie mondiale (lire le livre de Troy A P DAVIS sur: Appel pour une démocratie Mondiale, de 1998). « Pas besoin d’un Dieu quelconque pour ça » vous diront-ils.
Pourtant moi je vous le dis, si Dieu n’existait pas nous serions déjà tous perdu.
Nous aurions déjà vécu une fin du monde par bombe nucléaire, une épidémie mondiale incurable et mortelle, un tsunami grandiose qui aurait transformé la terre en un vaste océan, un séisme qui nous aurait déjà tous englouti, ou une invention de machine qui aurait déjà détruit l’espèce humaine.

Tout ceci n’est pas que le résultat de ma grande imagination mais de plusieurs imaginations car, oui, plusieurs personnes y ont pensé avant moi, et ont d’ailleurs produit des films de science-fiction à cet effet (voir les films comme La Bombe ; La Guerre des Mondes, etc.). L’être humain à lui seul, par sa grande intelligence, aurait déjà réussi à se détruire lui-même depuis des millénaires, si Dieu n’existait pas.
Un être humain qui capture un autre. Lui inflige les pires souffrances, de la famine à la flagellation, en passant par l’humiliation, les blessures physiques, le viol, la crucifixion, l’immolation. On se rend compte jusqu’où on est prêt à aller à cause de notre orgueil, de notre égoïsme et de notre manque de bonté. Même en ayant l’âme humanitaire, cette vérité s’impose à nous.
J’étais pourtant venue passer des congés d’une façon pédagogique mais là, mes congés sont devenus une réflexion sur la cruauté humaine. J’ai passé la plupart de mon temps à réfléchir sur la limite humaine dans la haine et dans l’amour. Il se dit très souvent qu’on déteste au même degré qu’on a aimé. Et ceux qui sont nés avec la haine, la rage et la brutalité animale, qui ont-ils donc aimé autant avant leur naissance si tant est-ce qu’il est possible que nous renaissions sans cesse comme la croyance bouddhiste l’enseigne (me dit-on souvent. Je ne connais rien au boudhisme moi! ) ?
Autant nous connaissons quelques histoires d’amour-passion qui ont brisées les barrières temporelles, culturelles, géographiques et sociales (comme l’histoire de l’impératrice Sissi ; je pourrai aussi-vous conter simplement le bel amour de mes parents); autant nous avons des contre exemples d’histoires de haines raciales, ethniques, politiques et économiques, qui montrent comment ont été exterminés des familles et des peuples, effacées des histoires et des traditions (où sont mes beaux vikings et les belles traditions tziganes/gitanes?). On en a presque le tournis de tout ce passé qui pourtant ne nous sert toujours pas vraiment de leçon. On s’obstine à ne pas se tolérer.
Quant naissaient les organisations humanitaires après la 1ère guerre mondiale, on espérait certainement que plus de 100 ans après, l’humanité aurait changé. Aujourd’hui quand on s’engage comme humanitaire on s’imagine parfois qu’on fera ce qui n’a pas encore été fait pour sauver des gens. Seulement non ! On dirait que tout a déjà été fait mais rien n’est encore suffisant. On comprendrait donc que même parmi les humanitaires il y ait des personnes désabusées. Comment croire encore en une espèce qui persiste à se détruire ? Une espèce qui trouve plus vite les moyens de s’éliminer qu’elle ne trouve des solutions aux fléaux qui l’envahissent ?
Je n’aurai peut-être pas dû prétendre me reposer en philosophant sur l’espèce humaine. Si je m’étais rendue dans un lieu discret et calme pour une retraite spirituelle ou un beau pélerinage « sur les pas du Christ», je serai rentrée encore plus confiante sur mon travail. Mais j’ai tout juste envie de stopper tous ceux que je rencontre pour leur demander : « dis-moi, selon toi, quelle est la solution à la cruauté humaine ? ».
Une bonne dose de Foi vous revigore pourtant et vous permet de retomber sur vos pieds. La Foi en Dieu.
Si Dieu n’existait pas, nos cerveaux auraient déjà cramé à force de réfléchir sur les solutions à nos problèmes. Mais non, nos cerveaux ne crament pas, ils génèrent des solutions. Des idées qui nous viennent forcément d’un Être Suprême, qui nous guide et nous accompagne.
Je crois donc en une paix mondiale. À un cessez-le-feu international. Je crois en l’Homme parce que je crois que Dieu existe.
S’il n’existe pas, alors nous sommes perdus !
Fleur Zeta




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