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Moi, personne ne me bouffe!

  • Photo du rédacteur: Fleur Zeta
    Fleur Zeta
  • 27 mars 2019
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 13 oct. 2021


peinture de l'ariste DIPITA, exposé à l'espace Somewhere au quartier Bonassama-Douala, Cameroun
peinture de l'artiste DIPITA, Douala, Cameroun


Une écrivaine taiwanaise d’origine chinoise a dit un jour : ”une personne qui a au moins un rêve a une raison d’être forte”….alors la question c’est : y’a-t-il des personnes qui n’ont pas de rêves ? Même un tout petit qui se cache dans un coin du cœur ?


Nous avons tous une raison d’être fort !


Il y’a des jours comme ceux-là, où on est consciente de façon plus accentuée, de notre condition de femme; de notre étiquette sociale; de notre vulnérabilité sociale, et on se rend compte au même moment de la force qui nous habite car nous tenons tête à toute une société; des années de tradition et de machisme. C’est souvent l’effet que nous fait la journée du 08 Mars. On dirait presque que le monde préférerait que les femmes se livrent à l’ivrognerie et à la débauche plutôt qu’aux débats et aux sensibilisations. Ils ont tous beau dire qu’il est malheureux de constater que beaucoup de femmes ne comprennent pas le sens de la Journée Internationale de la Femme, ils sont les mêmes qui regardent d’un mauvais œil une Femme passionnée par la question des droits de l’Homme.

Depuis que j’ai été suffisamment mature pour comprendre le fondement de la lutte pour les droits des femmes, j’ai toujours ressentie en moi ce besoin de m’impliquer au tout petit niveau où je suis, pour l’épanouissement de la Femme. Avec mon travail d’humanitaire, j’ai trouvé un canal d’expression et une cible précise. A chaque Journée International de la Femme, j’éduque; je sensibilise et j’informe. Il ne s’agit plus à cet instant des activités quotidiennes que je supervise souvent pour promouvoir le leadership féminin, mais aussi et surtout de me positionner moi aussi comme faisant partie de cette population ayant besoin de protection.

Il est donc souvent désagréable et malheureux de se rendre compte que ceux qui sont sensés nous soutenir (les autres humanitaires de façon générale et certaines femmes humanitaires de façon particulière) sont la plupart du temps ceux qui nous fustigent dans notre dos. Ils nous sourient à grosses dents lorsque nous parlons et lorsque nous défendons nos droits, mais sont les premiers à nous contredire ou à nous combattre lorsque nous avons le dos tourné.

Le milieu humanitaire a aussi ses travers. Il est très facile d’imaginer les gens qui y travaillent comme des sensibles; des personnes qui défendent tous la bonne cause; ceux qui sont du bon côté; ceux qui ont choisis de servir les plus nécessiteux. Seulement voilà…nous n’avons pas tous la même “bonne cause”. Nous avons beau servir ensemble les plus nécessiteux, nous ne défendons pas toujours tous les droits de l’Homme.

Certains vont vous sortir l’argument de la culture occidentale qui a fait perdre aux sociétés africaines toutes leurs valeurs. Il faudrait déjà qu’on s’entende sur la définition d’une valeur… marier précocement des jeunes filles et contre leur gré; choisir de ne pas scolariser ces jeunes filles; ne pas accepter que des épouses aient un emploi rémunérés comme les hommes… si c’est de ces valeurs qu’il s’agit alors nous n’avons vraiment pas la même définition de valeur sociale ou culturelle.

Une valeur est sensée favoriser le bien être dans une société s’il est vrai qu’elle fait partie de la morale et de l’éthique d’un groupe social. Est-ce donc dire, dans ce cas, qu’une société peut juger moralement acceptable que marier une jeune fille de 11 ans contribue a son bien être? Ou encore donner des coépouses a son épouse participe à son bien-être et donc serait éthique? Philosophiques ces interrogations.

Quoi qu’il en soit, pour moi il est clair qu’être un humanitaire et ne pas défendre les droits de la Femme en arguant comme raison qu’on est africain et donc qu’on devrait garder nos pratiques traditionnelles, c’est comme être un prêtre en disant cependant qu’on a le droit de se marier. Nous devons être capables d’assumer nos choix de vie et de nous approprier des principes de vie qui en découlent.


Est-Cameroun

Chimamanda Adichie Ngozi, l’une de mes écrivaines africaines préférées, a si bien dit: “je compte. Je compte autant. Pas “à condition que”, pas “tant que”. Je compte, Un point c’est tout”.


Ah je l’adore cette femme ! Cette force, cette détermination, ce caractère, cette liberté de mots et de ressentis…quelle femme comme moi ne l’admirerait pas?

Il ne s’agit pas d’attendre la Journée International de la Femme de chaque année pour se réveiller et réclamer nos droits. Il s’agit de rappeler au monde que des femmes ont dû se battre pour faire reconnaitre qu’elles ont toutes aussi des droits que tout être humain. Que des femmes se battent pour que cette reconnaissance s’étale dans toutes les sociétés humaines. Qu’il y’aura des femmes qui se battront toujours pour que le monde entier reconnaisse et applique le respect des droits de la Femme. Si aujourd’hui vous ne soutenez pas les droits de la Femme demain personne ne vous soutiendra lorsque vous serez appelez “sous-homme” parce que vous mangez de criquets plutôt que du camembert (hahahahaaaaa). Personne ne vous écoutera lorsque votre fille travaillera plus mais sera payée moins que son collègue homme qui fait le même travail voir moins. Personne ne prêtera attention à vos plaintes lorsque votre épouse se fera licenciée parce qu’elle est enceinte. Vous passerez a côté de beaucoup de belles idées et d’initiatives parce que vous n’aurez pas instruits vos femmes, vos filles, vos sœurs et même vos concubines (eh oui !).


Mars 2019 tire à sa fin

et comme l’on dit que le mois de Mars c’est le mois de la Femme,

moi je resterai sur ma faim.


Tant qu’une seule femme dans ce monde sera opprimée à cause de son Genre, nous serons tous des affamés. Affamés de nos droits et de notre bien être car ceci est une gangrène sociale. On aura beau s’imaginer que ce combat ne nous concerne pas les conséquences nous réveilleront tôt ou tard. Drôle de façon de se sentir fort(e) que d’exercer son simulacre de toute puissance sur un autre être humain.

On est fort dans les combats qu’on mène pour sauver l’espèce humaine de la « loi de la jungle ». Oh mais peut être qu’on est tout aussi fort lorsqu’on sait s’adapter à la pratique de cette loi? Dans ce cas, moi je suis faible car je l’ai déjà dit dans l’un de mes articles précédents, le darwinisme ne me réussit pas encore moins la vie dans un environnement où règne « la loi du plus fort ». Pourtant, je vais vous dire, je me sens plus forte que tous ceux qui se qualifient de « requin ». Moi, personne ne me bouffe ! (hahaahhaaa. J'imagine la tête que vous faites!..).

Je vous reviens bientôt avec des témoignages des femmes qui n'ont pas eut besoin de bouffer qui que ce soit pour être des personnes fortes!


Fleur zeta

 
 
 

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2 commentaires

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Prudence Bea
Prudence Bea
08 avr. 2019

C'est un régal de t lire ma fille , j'espère que cette fois ci ça va et que je pourrais dévorer tes réflexions aussitôt postées. Que DIEU te bénisse

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tonyedivin
29 mars 2019

Du courage !!!!

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