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Mon nouveau challenge

  • Photo du rédacteur: Fleur Zeta
    Fleur Zeta
  • 8 oct. 2020
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 1 oct. 2023



Après la période de confinement, ce fut la venue de ma belle jumelle. Une belle fleur née en plein mois de Juillet. Vue comme elle est si belle de jour en jour, il est évident qu’elle ne pouvait que naître en Juillet. Son regard est à la fois si doux et si déterminé. Quand je la vois sur les photos que partage sa mère, je ne peux que sourire car je vois en elle la détermination farouche des « comme moi » qui disent au monde : « je suis là et vous ferrez avec moi ! ».

Mais bon, je ne suis pas là pour vous parler de ma jumelle. Un long texte sur elle a bien fait assez commenté sur la bravoure de sa mère et la finesse de la plume (Cf.article précédent).


Aujourd’hui je vous parle de changement !


Eh oui. Alors que ma jumelle arrivait, moi je partais. Bien sûr pas de ce Monde, reprenez votre souffle, mais de cet environnement d’humanitaire dans lequel je vivais depuis cinq ans déjà et que j’essayais de vous décrire de temps en temps. Quand je n’étais pas, bien sûr, en train de me perdre dans d’autres réflexions existentielles…

Ma belle fleur de Juillet m’a apporté un nouveau bébé. Une nouvelle orientation pour ce blog. Un nouveau challenge.


Je reste humanitaire mais sous d’autres cieux…


La première fois, je vous décrivais mon arrivée dans l’aventure dès la descente d’un bus après plus de douze heures de voyages par route. Pourtant j’étais dans le même pays…

Cette fois, on dira la deuxième fois, après cinq mois de confinement, un mois de congé maladie, un mois de formalités de voyage et vingt-quatre heures de voyages dont six dans les airs, J’ai repris pieds dans un pays de la corne de l’Afrique. Prête à continuer mon aventure d’humanitaire mais cette fois dans un autre pays que le mien.

Nous découvrirons ensemble si les nombreux textes, récits et les milliers de films sur les réfugiés survivants du désert et de la mer rouge sont vrais.


Est-ce donc différent être humanitaire dans son pays et l’être dans un autre pays ?

Certes non. Quand on est humanitaire on l'est qu'importe le lieu. Seulement les pratiques et les milieux déterminent notre travail.


Je peux déjà vous dire qu’au moment où mes pieds ont touché le sol de ce nouvel environnement de travail, j’ai compris que le challenge sera plus grand. Pas en termes de charge de travail, non, mais dans les conditions de vie…Quand je pense à toutes mes plaintes il y’a quelques mois sur le climat, la nourriture, l’électricité et la connexion internet, aujourd’hui j’ai presque envie d’éclater de rire…car plus on avance dans l’aventure plus on mesure la portée du sacrifice qu’on fait !

Alors que dans ma première aventure le climat froid et sec m’agressait la peau, ici la chaleur humide me sèche les narines et remplit mes poumons. Je n’ai plus le temps de penser à ma peau, je ne pense qu’à respirer. Pourtant on me dit que je suis arrivée en pleine saison froide ("ils se moquent de moi ou quoi ?").

Ici, je fais avec ce que j’ai. Mes niaiseries d’humanitaires débutantes je les garde pour moi.


A chacun de mes pas hors du bâtiment qui me sert de repère, j’ai le sentiment de tout faire de travers. Un sentiment qui m’a collé à la peau dès mon arrivée car j’ai vécue à la fois une attente de trois heures de temps dans une salle hyper climatisée de l’aéroport parce qu’il fallait faire le test du COVID19 (et moi j'avais pas prévue me retrouver dans une température russe dans un pays si chaud. A croire qu'ils voulaient nous rendre malades!); ensuite la perte de l’une de mes valises qui m’a fait parler pendant plusieurs heures une autre langue que celle officiellement parlé dans ce pays. Quand enfin mon interlocutrice me demandai si je ne pratique pas la langue officielle du pays, j’écarquillai les yeux surprise : « mais qu’est-ce que je suis en train de parler madame ? »… puis J’ai moi-même éclaté de rire. La pauvre dame a compris que j’étais complètement déboussolée, énervée et surtout exténuée. Ce qu’elle ne savait pas en plus, c’est que je mourrais de faim. Vingt-quatre heures sans manger une vraie nourriture sinon celle fade et insignifiante servie dans les avions et les hôtels de transit….De toute façon j’avais faim sans avoir l’appétit.

Une amie retrouvée sur place m’a demandé quelques jours après mon arrivée, alors que je m’enquerrais sur les points de ravitaillement :

- J’espère que tu as emmené tout ce dont tu as besoin ? Puis voyant mon air effaré elle a éclaté de rire. « Dis-moi tu croyais que tu allais où toi ? Au jardin d'Eden ? » Ajouta-t-elle.

Son rire m’agaçait et je lui répondis en boudant :

- Je savais bien que ce n’est pas le paradis mais quand même non ?

Elle me regarda d’un air presque triste puis me dis.

- Ecoute, je suis là si tu as besoin de moi, mais comprends bien qu’ici ce n’est pas le Cameroun.

Alors ma première leçon est que je vais devoir changer mes habitudes : langue, habillement, nutrition…J’espère que l’écriture n’en fera pas partie bientôt…


Je vous l’écris comme je le sens. Je suis dans un nouveau monde. Moins grand mais plus rude. Moins beau mais plus instructif. Mais vous savez quoi ? Ça me va!


Quand je pense à mon travail j’en suis presque extasiée…Je ne serai pas une vraie humanitaire si je ne faisais pas plusieurs expériences de la vie d’humanitaire. J’ai besoin de les vivre pour mieux vous les raconter…et surtout pour mieux m’en inspirer. En quelques jours depuis mon arrivée, J’ai appris bien des choses que je n’aurai peut-être jamais vécues si j’étais restée dans mon monde initial d’humanitaire de terrain au Cameroun. Ici je vais pourvoir vous parler de l’humanitaire à Djibouti.


Bienvenue dans ma nouvelle aventure !


Fleur Zeta

 
 
 

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