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REUSSIR ET ETRE HEUREUX

  • Photo du rédacteur: Fleur Zeta
    Fleur Zeta
  • 23 mai 2019
  • 9 min de lecture

Dernière mise à jour : 17 juil. 2019



Quand il s’agit de parler de soi on a très souvent tendance, soit de décrire notre idéal ou, pour dire les choses de façon plus modeste, décrire davantage la personne qu’on aurait aimé être ; soit décrire une personne moins brave que ce qu'on est en réalité. J'ai failli écrire ce texte de façon extérieure sans parler de moi, mais je vous avais promi de parler de mon expérience humanitaire, de mon parcours, alors aujourd'hui je vous livre cette réflexion. Il fallait que je vous la livre d'une façon très personnelle pour mieux vous transporter dans ma vision.


La réussite qu’on se donne n’est pas toujours celle que les autres voient ou pensent de nous.

Pour certains, assister à ta soutenance de mémoire est suffisant pour annoncer à tout le village qu’on a vu ta réussite. Pour d’autres, ce n’est que lorsqu’on assistera à ton mariage qu’on parlera de réussite ; pour d’autres encore, réussir c’est avoir un ou des comptes en banque bien fournis.

Pour moi, réussir c’est se sentir heureux ; bien dans sa peau, en paix avec soi-même et sa conscience. La réussite est un état d’esprit. Ce n’est ni la taille de nos comptes en banque ni le nombre d’enfants qu’on a pu avoir.

Un jour (il y'a déjà plus de 10 ans), un ami m’a dit que lorsqu’on me regardait, on voyait tout de suite une grande réussite. Je ne sais en quoi il le voyait ni comment il le percevait, mais je sais qu’il l’évaluait à partir des débats que je tenais avec lui ; à cause de la forte personnalité que j’avais déjà à cette époque, de l’envie de réussite que je dégageais. Mais ce qu’il ne savait pas, c’est que pour moi, par-dessus tout, je voulais être heureuse.

Aujourd’hui encore je pense à cet ami. Il n’est plus là… mais je n’arrête pas de penser à ce qu’il me disait. Aux ambitions qu’il lisait en moi et à la vision qu’il avait eue de moi. J’ai toujours peur de le décevoir, car dans ses yeux je lisais trop souvent un avenir qu’il m’attribuait et qui bien qu’alléchant, ne me paraissait ni facile d’accès ni garantie de bonheur.


Être heureux et réussir sa vie.

Deux concepts qui pour certains ne vont pas forcément ensemble, mais qui pour moi ne peuvent exister l’un sans l’autre. Sinon comment expliquer qu’une personne ait réussi sa vie sans être heureuse ? Et si réussir sa vie n’était qu’être heureux? Peut être qu'alors beaucoup de mal ne serait pas fait. Nous prendrions alors conscience que faire du mal ; haïr autrui, envier, jalouser, comploter ou tout simplement nuire à l’autre, ne nous aiderait pas à être heureux et encore moins prétendre à une réussite de notre vie. Beaucoup me rétorquerait qu’il y a des gens qui se sentent heureux lorsqu’ils voient les autres souffrir. Je répliquerai alors que ce n’est pas être heureux, mais se contenter de se sentir puissant face à la souffrance de l’autre.

Jean Robert, mon ami parti, me disait souvent qu’il ne comprenait pas pourquoi certaines personnes trouvent du plaisir à faire du mal aux autres sachant que cela ne les avancerait en rien. Je me posais la même question à l’époque, mais aujourd’hui je sais que ces personnes se sentent très souvent seules, tristes, frustrées et/ou tout simplement, petites. Le malheur de l’autre ne rend aucunement heureux. Tôt ou tard, le mal qu’on fait nous revient toujours et à ce moment, notre bonheur factice sera terni.


Dans ce cas, qui de nous est innocent ? Qui de nous peut affirmer sans aucun doute qu’il a réussi sa vie et donc il est heureux ?

La réussite dont il est question ici n’a rien à voir avec le succès obtenu suite à une activité, un projet ou une envie. Il s’agit de l’accomplissement de notre vie. Rester focaliser sur ce qui nous rend heureux, vraiment heureux, et foncer dessus….

Si je m’écoutais moi-même, je foncerais à des milliers de kilomètres d’ici…

Effectivement, croire que notre bonheur dépend d’une autre personne que nous-même, nous conduit tout droit vers l’échec. Il parait que l’Homme déçoit toujours…

Cependant, il ne faudrait pas perdre de vue qu’être heureux ne veut pas dire vivre une vie parfaite. La perfection n’est pas de ce monde.

Jean Robert et moi avions une amie commune qui, déjà très jeune, était mariée, avait un travail dans lequel elle semblait se plaire. Elle avait déjà trois beaux enfants et son mari, un pétrolier, lui donnait un bon paquet d’argent chaque mois pour combler ses besoins. Seulement, notre amie maigrissait chaque jour un peu plus, bien que n’étant pas malade ; elle ne souriait pas beaucoup et quand elle le faisait, ses yeux restaient neutres. Aujourd’hui encore, alors que moi je me débats dans une carrière qui m’a l’air difficile et une vie sociale/sentimentale presque inexistante, notre amie, accompagnée de ses grands garçons déjà au collège, a célébré son mariage religieux. Elle est chef de service dans l’entreprise de son époux ; possède une voiture de luxe et passe ses vacances, chaque année, dans un pays différent. Pourtant, chaque fois qu’on se retrouve, je la sens lasse. Son langage est celui d’une personne qui se sent prise au piège de sa propre vie. Chaque fois que je me plains de ma carrière qui piétine, elle me lâche la même phrase : « Tu as encore le choix de changer de vie si tu veux, toi tu n’as aucune obligation.»

Cette phrase m’agace à chaque fois. Je ne comprends pas pourquoi elle pense que je n’ai pas d’obligations. J’en ai au moins une pourtant : celle d’être heureuse. Mais mon amie, elle, qu’a-t-elle encore à chercher ? Elle a pourtant tout pour être heureuse. Tout pour avoir une vie réussie. Que cherche-t-elle encore ?

Ma cousine, elle, me regarde toujours avec des yeux pleins d’admiration. Pour elle, je suis un modèle : femme forte, indépendante, courageuse. Une femme qui n’a pas peur d’être seule, de faire ce qu’elle veut et quand elle veut. Une femme qui va ou elle veut avec qui elle veut. Une femme qui fait ses propres choix. A ses yeux, je suis un modèle de réussite. Pourtant, je suis prête à parier qu’elle ne s’est jamais demandé si je suis heureuse.

Moi non plus je ne me suis jamais vraiment demandé si mon amie était heureuse… pour tout le monde, c’était évident qu’elle l’était. Je la sens certes peu épanouie, mais je me dis comme tout le monde « Ça peut arriver. Tous les jours ne sont pas roses. »

Être heureuse suppose-t-il ne plus avoir de coup de blues ? Ne plus avoir de contrariétés ? On l’a pourtant dit plus haut : « La perfection n’est pas de ce monde ».

Un jour, un admirateur m’a demandé si j’étais heureuse ? Si cette solitude qui est devenue mon compagnon de vie me rendait heureuse, parce que lui, il en était sûr, il pourrait me rendre heureuse. Je n’ai jamais aimé qu’on s’attaque à ma solitude ; elle n’y est pour rien. Ne dit-on pas que la nature a horreur du vide ? La question de cet admirateur m’avait pourtant fait sourire tout au fond de moi parce que je l'ai compris assez tôt, mon bonheur dépend de moi. Attendre notre bonheur de quelqu'un d'autre handicap notre réussite.


Être heureux, être dans le bonheur, avoir une vie réussie…est-ce pareil ?

Selon Wikipédia, le bonheur est un état émotionnel agréable, équilibré et durable dans lequel se trouve quelqu’un ; c’est un état de satisfaction complète caractérisé par sa stabilité et sa durabilité. Ainsi selon internet, le bonheur c’est un état durable et stable. Des études sur le bonheur, je n’en doute pas, ont été faites et seront toujours faites. La quête du bonheur est un voyage éternel. Tout ce que nous faisons est dans le seul but d’être dans cet état. Le bonheur.

Plus haut nous avons dit qu’être heureux c’est se sentir bien dans sa peau, en paix avec soi-même, donc il faut avoir atteint le bonheur.

Le bonheur se construit. Pour être heureux, il faut avoir construit son bonheur. Construire son bonheur c’est se faire une vie dans laquelle on se sent bien et en paix. Lorsqu’on s’est construit cette vie, on l'a réussi.

Il n’est pas question ici d’un argumentaire sur le bonheur ou le fait d’être heureux, mais plutôt une réflexion sur ce que c’est que réussir sa vie. Je m’épargne à moi-même les réflexions d’ordre politique, économique ou sociale. Tout cela, je pense, m’embrouillerait et m’enliserait dans un débat scientifique auquel j’essaye pourtant d’échapper.

Lukua Kanza, l’un de mes musiciens préférés, à chanter dans l’une de ses chansons que j’adore, que des fois le bonheur c’est juste un sourire… qu’il suffit parfois juste d’une phrase, d’un mot. Le bonheur d’être aimé ; le bonheur de se sentir aimé ; le bonheur de vivre. A chacun sa vision du bonheur et donc à chacun sa vision d’une vie réussie.


Pour certains, pas besoin de réussir sa vie, la vivre suffit.

Quand j’ai perdu mon père, je me suis dit, « Bah. Ça arrive tôt ou tard ».

Quelques semaines après j’ai perdu ma mère et là je me suis demandée « Quel sens aura ma vie à présent ? ». Convaincue qu'être orphelin c'est le pire des malheurs. Enfermée dans ma douleur et mon désespoir, je doutais. J’ai cherché pendant des jours, des mois, des années, quelque chose ou quelqu’un pour donner un sens à ma vie. Mais aujourd’hui je regarde autour de moi et je vois tout ce beau monde qui m'entoure et que je cotoie au quotidien; toutes ces belles personnes que je rencontrent chaque jour; toute cette diversité humaine pleine d'amour, et là je me demande « Pourquoi ne pas tout simplement vivre ma vie telle qu’elle est ? ». C’est ma vie. Elle m’appartient. C’est mon histoire. Elle est unique. S’il est encore question de réussir ma vie, je pourrai bien me demander de quelle autre façon la réussir alors que j’ai survécu a mes propres doutes ?

La quête acharnée que nous suivons au quotidien pour gravir les échelons socioprofessionnels nous empêche trop souvent de voir ce que nous accomplissons chaque jour dans nos vies et qui a mon sens pourrait très bien constituer notre réussite.

Cette endurance, cette persévérance, cette foi, pour moi, pourrait déjà très bien être notre réussite. Il nous suffit juste parfois de nous arrêter un moment pour nous rendre compte des moments de bonheur que nous avons par-ci par-là qui mis ensemble, pourrait bien être la réussite de notre vie. Le bonheur de l’autre ne sera pas forcément notre bonheur à nous.


Ne faisons pas de la quête des autres notre but du bonheur. Ne mettons pas notre propre vie en otage pour des objectifs de vie des autres qui nous semblent être nos objectifs à nous.

Je me dévoue depuis un moment déjà, aux services pour le bien-être des autres. J’en ai fait mon gagne-pain. Servir pour être servi. J’ai quitté ma famille biologique pour me faire une famille socio-professionnelle parce que mes études et mon éducation sociale et familiale m’ont préparé à cette vie. Mais je ne sais toujours pas si cette vie est ou sera ma réussite. Ce que je sais c’est que j’avance malgré tout.

On est très souvent emmêlé dans cette éducation qui nous fait croire que ce n’est qu’en se vouant au travail générateur de revenus que nous pourrons prétendre à la réussite. On entend d’ailleurs parfois cette fameuse déclaration : « L’argent est signe de réussite ». La conséquence c’est qu’on a généralement tendance à faire de cette recherche d’argent notre définition de la réussite et du bonheur. C’est sans doute pour cela qu’on trouve de plus en plus de personnes à des postes importants, avec une richesse matérielle et/ou financière conséquente, mais sans un réel signe de paix intérieure ; de satisfaction durable, d’épanouissement sentimental ou d’équilibre émotionnel. Il leur vient alors toujours trop tard cette conscience d’objectifs de vie mal orientés et de vie mal accomplie.

Jean Robert, mon ami, quand je pense à toi je me demande encore quel type d’homme tu serais devenu ? Quel grand chercheur tu aurais été ? Moi aussi je me faisais une idée de ce que serait ta réussite. Moi aussi je voyais en toi un grand homme avec de grandes idées et un grand cœur. Moi aussi je lisais en toi une vie de réussite assurée. On ne saura jamais si j’avais vu juste ou pas. Mais toi tu sais, aujourd’hui, que je ne suis certes pas devenue cette grande femme que tu définissais, mais je suis une grande femme dans mes combats. Tu avais raison, je ne cesse jamais de me battre. Les défis je n’en manque pas. Mais la quête de la réussite, mon ami, je n’ai jamais su comment m’y prendre. Je comprends aujourd’hui pourquoi j’ai toujours paru si gauche dans mes spécialisations. Toujours indécise dans le fait de savoir quelle est ma spécialité. En réalité, cette course pour la réussite sociale m’a fatiguée dès le début. Après ton départ, j’ai cru qu’il me fallait à tout prix devenir ce que tu prédisais et à chaque fois je me trouvais fasse a un échec. La vérité c’est que je ne m’y reconnaissais pas. Mais rassure-toi, ma vie je la réussis en la vivant simplement.


Fleur Zeta


 
 
 

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2 commentaires

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Fleur Zeta
Fleur Zeta
23 mai 2019

Merci MJ pour ce beau commentaire enrichissant. Ressortant le volet spirituel lié a Dieu pour être heureux. Merci

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Marie la Juste
Marie la Juste
23 mai 2019

Waouh jolie plume. Tu t exprimes simplement mais on perçoit exactement ce que tu veux dire. Je ne saurai te dire exactement comment je perçois ta thématique, mais ce don je suis sûr c'est que moi ma réussite et ce sebtiment d'etre heureuse, je la ressent de façon infine lorsque j'essaie de me rapprocher de notre Seigneur... la possession des biens, le poste de responsabilité, un réseau social et amical fourni...la satisfaction qui vient de cet avoir la, pour moi n'est que passager et ne dure jamais longtemps ! Tres vite on se sent déçue, trahie, SEULE. Est-ce la le bonheur?

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