
Un humanitaire est-il le même partout ?!
- Fleur Zeta

- 30 janv. 2024
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 28 mars 2024
Un texte, une réflexion, un ressenti que je partage rapidement pour vous dire où j'en suis😊.
Comme je vous le disais précédemment, le Moyen Orient est le nouveau chez moi jusqu'à ce que je sois
encore appelée ailleurs.
Un nouveau contexte, un nouveau départ.
Ici l'humanitaire n'est pas pratiquer de la même façon qu'en Afrique en termes de besoins et de priorités. Les besoins de base comme l'accès à l'eau, le logement, la nourriture, l'habillement, l'éducation et la santé ne sont plus trop d'actualité ou du moins plus au même niveau. En éducation on parlera du besoin de continuer ses études à l'étranger ou dans une bonne université ; en santé on parlera d'accès aux soins pour traiter le cancer ou l'infertilité, etc. Il ne s'agit pas de manque de centres de santé, de l'insuffisance des écoles primaires et secondaire ou du manque d'eau potable (pas à ma connaissance en tout cas). Pour ne citer que cela.
J'ai eu besoin dès mon arrivée de redéfinir ce que serait pour moi être humanitaire pour ces réfugiés ici. Je ne pouvais plus penser de la même façon ou plaider pour les mêmes problèmes. Le contexte est tellement différent que pendant quelques semaines, j'ai eu du mal à me sentir utile parce qu'il fallait me réajuster dans mes méthodes, mes connaissances, mes habitudes et même le language. Aujourd'hui je me bats pour parler arabe. Eh oui. Je suis passée du bilinguisme français-anglais à celui anglais-arabe. Puis finalement la méthodologie s'est imposée à mon esprit.
On trouvera toujours un moyen de défendre les Droits de l’Homme parce que personne sur cette terre n'a un total accès à ses droits.
Ici je dois me concentrer plus sur l'autonomisation que sur l'assistance. La coordination et les plaidoyers sont mes plus grands outils. Ici les réfugiés sont des partenaires de travail. Ici on ne dirige personne on collabore. Ici on n’assiste pas on protège. Ici les traumatismes, les inégalités de Genre, le sentiment d'insécurité, me semblent prédominer dans les besoins de protection existant. Et puis, le réveil de l'éternel conflit israélo-palestinien a ravivé les craintes dans la sous-région ainsi que les plans de contingences. Rien n'est jamais gagné, même pas l'aisance de vie.
Alors voilà, comme vous l'aviez déjà sans doute noter, c'est aussi ça être humanitaire: des éternels recommencements et des défis toujours
différents. C'est un peu comme avoir plusieurs personnalités. On s'en découvre une de plus à chaque mission. Chaque fois qu'on pense être à bout, une nouvelle énergie surgit et nous fait confirmer qu'on meurt une fois mais on a chaque jour la chance de vivre une vie différente si on le veut. La vie d'humanitaire en est une bonne illustration.
Je navigue entre une vie de citadine et un quotidien dans les camps de réfugiés. J'en viens à me demander si un jour je ne réveillerai en me demandant laquelle de mes "moi" c'est réveillée courageusement pour gérer les autres 😅.
L'humanitaire ne peut pas être le même partout puisque à chaque expérience je découvre un nouveau moi😎.
Allons seulement...
Fleur Zeta




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